C'est là que je suis née, il y a 59 ans.
Jolie station balnéaire dans les Côtes d'Armor, entre le Fort Lalatte et Le Guildo.
A 18 ans, après mes études, et dans le but de travailler, je suis venue sur PARIS. Bien entendu, je retourne régulièrement dans ma BRETAGNE (mes parents y vivent encore!). C'est toujours avec un réel plaisir : les plages sont magnifiques, quelques unes encore "sauvages"! La mer change de couleur avec le temps. On y trouve encore des ajoncs et de la bruyère. J'y ai conservé de merveilleux souvenirs .Mon quartier : l'ISLE, tout prés du Sémaphore, avec vue sur le cap Fréhel et le Fort Lalatte.
L'été, nous y retournons régulièrement, après, je l'avoue, quelques infidélités, il y a quelques années : pour la Côte d'Azur!
A Saint-Cast toute la vie de la commune se partageait entre deux centres d'intérêts, L'Isle et le Bourg.
Les quartiers des Mielles et de la Garde étaient encore déserts et peu fréquentés à part par quelques bergers (patoux).
Aussitôt après la guerre de 1870 on vit apparaître dans les Mielles quelques cabanes et tentes de bains.
Vers 1883, Monsieur Alfred Marinier, artiste peintre parisien, vint à Saint-Cast et fut frappé par la beauté du site. Il acheta alors tous les terrains disponibles de la pointe de la Garde et avoisinants. Il y fit planter des arbres et traça des lotissements.
Avec l'aide de son gendre, monsieur Etienne Alix, artiste-graveur, créateur des livrets-guides des compagnies de chemin de fer, il incita ses amis à venir y construire des chalets et des villas et mit en vente ses terrains viabilisés. Il fit aussi construire l'hôtel de la Plage qui deviendra l'hôtel Ar Vro.
Etienne Alix sera le premier président du syndicat d'Initiative de Saint-Cast.
En 1896, Arthur Steck, chef de l'orchestre du casino de Biarritz acheta un grand terrain dans les Mielles et y fit construire cinq chalets afin de les mettre en location.
Puis monsieur Duponchel, colonel en retraite, investit, dans les Mielles, et réalisa des galeries qui portent toujours son nom.
Tout cela attira des commerçants et procura des emplois aux hommes et aux femmes du pays.
La station se développa et toutes sortes de fêtes furent organisées chaque saison, comme des tournois de tennis, des régates, des courses d'ânes, des feux d'artifice .....
Une ligne de chemin de fer départementale reliant Plancoët et Saint-Cast (Isle) s'ouvrit le 18 Septembre 1905 au trafic « voyageurs » et le 5 novembre au trafic « marchandises ». Saint-Cast était désenclavé.
La station durant la guerre 1914/1918
Durant la guerre de nombreux Castins furent mobilisés et Saint-Cast se vida de ses forces vives. 73 soldats laissèrent leur vie au front.
Un hôpital militaire, l'hôpital complémentaire N° 60 d'une capacité de 200 lits environs fut ouvert pour accueillir les soldats belges et français.
Cet hôpital occupait les hôtels Royal Bellevue, Quembrot, des Bains et Beauséjour.
Quatre médecins soignaient ces soldats dont un médecin belge.
Durant cette guerre aussi, Saint-Cast accueillit de nombreux réfugiés belges et français du nord de la France. Cela explique qu'à l'heure actuelle encore de nombreux propriétaires et des vacanciers de ces régions fréquentent la station , d'autant plus qu'en 1940 la même chose se répéta.
Après la guerre un monument aux morts a été érigé. Il fut sculpté par le grand artiste breton Armel Beaufils. Peu après, le chanoine François Ribault fit placer dans son église un monument intitulé « l'autel des Héros » sculpté par mademoiselle Lucienne Heuvelmans première femme à obtenir le 1er prix de Rome de sculpture.
La station entre les deux guerres.
La station continua de s'agrandir, de se moderniser et de s'équiper. A Saint-Cast on trouvait 25 hôtels et 11 pensions de familles. Au total la station hébergeait de 12000 à 15000 estivants par an.
On pouvait y fréquenter des clubs de gymnastique, le yatch club, le terrain de golf ouvert en 1927, les tennis et le terrain de camping.
En 1932 Monsieur Pierre Olivaux, propriétaire de l'hôtel Royal Bellevue fit construire ce qu'on appelle les Portiques de Saint-Cast avec boutiques au rez-de-chaussée et appartements au dessus.
Le recteur de Saint-Cast, le chanoine François Ribault, fit beaucoup pour le développement de la station. Il organisait, chaque année, une cérémonie de la Bénédiction de la Mer, une grande Kermesse, des concerts de charité avec des artistes de renom; ses messes étaient acompagnée de musiques et de chants de grande qualité.
La station organisait aussi des corsos fleuris, des élections de Miss, des rallyes, des concours d'élégance, des courses de chevaux et des concours de châteaux de sable ...
Sur la plage on trouvait un plongeoir et un toboggan à la disposition des baigneurs. L'hiver, ce toboggan était remisé au port du Guildo pour la plus grande joie des enfants.
La station durant la guerre 39/45
Durant cette guerre, une nouvelle fois, Saint-Cast accueillit des réfugiés belges et originaires de nord de la France, surtout .
Puis il y eut l'occupant allemand qui s'intalla pour surveiller la construction du « mur de l'Atlantique par l'organisation Todt » mais aussi pour garder les côtes. L'hôtel Ar Vro devint un « Offiziers Casino » et celui des Bains un « Soldatenheim ». De nombreux hôtels ont été réquisitionnés, des villas détruites car elles gênaient les champs de tirs, d'autres évacuées et murées. Les allemands truffèrent la plage d'obstacles anti-chars et les dunes de champs de mines.
Il y eut à Saint-Cast un camp de prisonniers anamites.
Les Allemands avaient avec eux des supplétifs militaires, des Russes, montés sur des petits chevaux mongols. La plupart du temps ces soldats étaient saouls.
Vers 1943/1944 , il y eut à Saint-Cast des réseaux de Résistants : le Réseau « Var » qui était chargé d'acheminer sur l'Angleterre les aviateurs abattus au dessus de la France mais aussi candidats aux combats, le réseau F.2. faisait surtout du renseignement, et enfin les F.F.I.
Le 2 août 1944 la radio anglaise transmit le message d'insurrection. Le 3 août, après quelques combats sur le territoire de la commune, Saint-Cast était libéré de la présence allemande, non sans avoir subi deux bombardements d'artillerie.
Les Résistants perdirent trois hommes dans les engagements. Un autre fut blessé et un enfant périt
dans les bombardements.
Aussitôt libéré, ou presque, Saint-Cast dut accueillir des réfugiés brestois au nombre de 300 en octobre 1944 puis ce furent des réfugiés polonais, en majorité des femmes et des enfants qui occupèrent l'hôtel Celtic à Pen Guen.
La station après la guerre
Dès l'été 1945 une vie presque normale reprit malgrè la présence de champs de mines qui ne firent aucune victimes sauf dans les rangs des démineurs.
Le 1er janvier 1949 le trafic ferroviaire des chemins de fer départementaux fut arrêté et remplacé par des cars.En 1969 Saint-Cast fut classé station balnéaire ; Un festival du film Amateur créé en 1953 dura jusqu'en 1967.
Un Club-Discothèque ouvert dans les années 60 sous l'hôtel Royal Bellevue, eut un beau succès.
Quelques congrès internationnaux se tinrent dans la station , en 1960 et en 1964.
En 1953 le terrain de golf de Pen Guen, détruit en partie par les Allemands réouvrit. Le centre hippique du Bois Bras vit le jour en 1957.
Le port de Saint Cast
La première cale édifiée fut celle du Port Jacquet, situé en dessous de l'impasse du baromètre et du restaurant éponyme. Il ne reste que ses fondations. Elle ne pouvait accueillir que des bateaux au dessous de 100 tonneaux. Après de longues tractations on construisit une cale plus importante en 1888, 300 m plus au nord. Cette cale des vallais est dite "la vielle cale".
Ce port était surtout un port de pêche mais il effectuait aussi des échanges maritimes avec Saint-Malo avec une navigation à vue.
Au XVIII° siècle, par exemple, trois bateaux partaient quotidiennement pour Saint-Malo, chargés de pierres de Saint-Cast.
En 1927 un abri pour le canot de sauvetage comprenant une rampe de mise à l'eau a été édifié. Il fut détruit dans les années 80 au moment de la mise en place du terre plein de Canevez..
Une station de pilotage exista à Saint-Cast jusqu'en 1922, puis fusionna avec celle de Saint-Malo.
Pendant de longues années il y eut des liaisons régulières avec Dinard et Saint-Malo grâce à un service de vedettes de passagers.
Petit à petit le port exclusivement de pêche a attiré quelques plaisanciers qui sont devenus de plus en plus nombreux au fil des ans. Maintenant, il est devenu un port de plaisance, même si une vingtaine de bateaux de pêche subsistent.
Actuellement un grand projet de port en eau profonde est à l'étude et ne devrait pas tarder à voir le jour .
Il existe aussi à la Garde, un petit port de plaisance.On y accède par la cale de la Bouvette dominée par la maison du Yacht Club.